Jeudi 21 mai 2009 4 21 /05 /Mai /2009 18:36
J'annonce la couleur. Je change de blog. Celui-ci m'insupporte depuis quelques temps, donc j'ai décidé de faire peau neuve et je viens de créer un nouveau blog.

http://origine1975.canalblog.com

Alors si vous voulez toujours suivre les aventures de Luce, de Kadaj, de Requiem et compagnies, il faudra passer par l'autre blog, car je ne posterais plus sur celui-ci.

J'espère sincèrement que vous continuerez à me suivre afin de me motiver comme vous le faites déjà merveilleusement pour continuer à écrire.

Sur ceux, je vous dis bonsoir et à bientôt sur "Le Monde D'Ori-chan"
Par origine1975 - Publié dans : Parlotte - Communauté : Fiction Originale
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Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /Mai /2009 20:38

Le démon avec son ange déchu : 66

 

            L’inspecteur Barrony avait échappé belle. Il avait réussi à s’éjecter sur le côté afin d’éviter la voiture de l’inconnu, la neige ayant amorti la chute. Il avait également réussi à relever la plaque d’immatriculation. Il ne perdit pas de temps et appelé ses confrères afin de la communiquer.

            Quand il eût fini sa conversation avec le commissaire, il se rendit vite compte de l’atmosphère changeante de la maisonnée. Elle venait de se transformer en folie presque générale. Le coupable de ce phénomène ? Erwan Miori ! Il semblait bien décidé à ennuyer le compagnon de son oncle.

            Une guerre de bombe à chantilly finit par avoir lieu dans la cuisine et la salle à manger contaminant par la même occasion toute personne rencontrée en cours de route. L’inspecteur en était un peu choqué, stupéfait. Un des garçons avait failli se faire enlever et ils s’amusaient. Il avait bien du mal à les suivre. Il ne comprenait pas vraiment ce genre d’attitude.

            Il voulut connaître l’état d’esprit de Luce Oda. Il se mit à sa recherche pour le retrouver allongé sur un des canapés du salon endormi, la tête posée sur les genoux de son père Renko avec en plus deux chats, l’un tigré et l’autre roux, confortablement installés sur le ventre de leur maître.

            Barrony soupira et se laissa tomber dans un fauteuil.

- Je pensais que votre fils serait traumatisé par ce qui vient de se passer.

            Renko caressa les cheveux noirs de son fils. Il dormait du sommeil du juste.

- Il a eu peur, mais il se sait très entouré dans cette maison. Il peut dormir sur ses deux oreilles.

- Je le vois bien. Pourquoi n’avez-vous pas de système d’alarme ? Vous avez énormément de choses de valeurs dans cette demeure.

- Carlin n’en veut pas. Il veut se sentir libre dans sa maison, ne pas être dans une cage dorée. À vrai dire, moi non plus, je n’aimerais pas. Les cambrioleurs peuvent vider cette maison si cela leur chante, ce n’est que matériel. La seule chose qui a de la valeur, ce sont nos familles, nos enfants, inspecteur.

- Justement ! Avec un système de sécurité, cet inconnu ne se serait pas permis de pénétrer chez vous aussi impunément.

            La porte du salon claqua laissant apparaitre Erwan, habillé d’un jogging et les cheveux mouillés. Il répondit à la place de son oncle.

- Grand-père a fait installer chez lui, le dernier modèle d’alarme. Pourtant, aux dernières nouvelles, des intrus se sont encore introduits dans sa cour, sans permission pour pique-niquer. Super ! La modernité, je vous jure !

            L’étudiant s’approcha du canapé où se trouvait son oncle et s’agenouilla devant son petit ami, endormi. Il adressa un sourire sadique à Renko.

- Puis-je le réveiller ?

- Si tu le fais, je te tue, Erwan.

- Oh ! Ce n’est pas bien. N’as-tu pas honte, oncle Ren ? Vouloir me tuer devant un policier ?

- Ne déforme pas mes propos, Erwan !

- Mais, euh ! Je ne déforme rien du tout. Tu l’as dit !

            Exaspéré, Renko préféra se taire. Barrony avait esquissé un léger sourire. Il appréciait de plus en plus cette famille. Il n’avait pas voulu croire le commissaire Justine quand elle lui affirma qu’il se ferait contaminer par ces énergumènes.

- Vous avez fini de batailler avec Carlin ?

            Erwan s’amusait à titiller les deux chats, pas content du tout d’être embêté par cet insecte nuisible. D’ailleurs, Pouba le lui faisait clairement comprendre à coup de patte avec griffes sorties.

- Oui, oui, répondit-il, d’une voix distraite, toujours à taquiner les animaux. Il en a eu assez. Il préfère s’en prendre à ceux de son âge, et comme d’habitude Akira en fait les frais, bien que mon père ne soit pas loin de subir le même sort.

- Et toi, qu’est-ce que tu as fait ? demanda son oncle.

            Erwan sourit et adressa un clin d’œil à Renko.

- Je suis allé ennuyer mes petites sœurs chéries.

- Tu ne peux pas les laisser tranquilles, deux minutes ?

- Hein ? Ça ne va pas, oncle Ren ! C’est mon petit plaisir personnel.

- Tu es vraiment impossible ! Je me demande comment fait Luce pour te supporter !

            Erwan vira les chats et souleva sans effort son Luce aussi léger qu’une plume.

- Il fait comme toi, mon oncle. Il cède, mais je te rassure. Dans son genre, il peut être bien pire que moi.

            Puis sans plus faire cas, ni de l’inspecteur, ni de son oncle, il sortit avec son chargement et se dirigea jusqu’à l’étage.

            Arrivé dans la chambre jaune de l’adolescent, il le posa doucement sur le lit. Dans un premier temps, il ne voulait pas le réveiller, mais dans un deuxième temps, le fait de déshabiller l’être que vous chérissez plus que tout, que vous désirez à chaque seconde, le mettait dans un véritable supplice.

            Il ne put résister très longtemps à déposer une multitude de baisers sur le corps dénudé. Luce se réveilla en sursaut et en grognant, mais il ne tarda pas à réagir en se délectant des caresses, des baisers avec la même fougue.

            Dans leurs ébats, Luce changea la donne en se positionnant à califourchon tout en gardant sa bouche contre celle d’Erwan pour un ballet torride de leurs langues emmêlées. Leur danse dura longtemps jusqu’à une apothéose d’étincelles les laissant à bout de souffle.

            Luce se laissa retomber le long du corps d’Erwan nichant son visage dans le cou.

- Tu es pénible, Wan. Tu avais besoin de me réveiller.

            L’étudiant glissa ses mains le long des hanches jusqu’aux fesses en légère caresse. Luce laissa échapper un son inarticulé. S’il continuait ainsi, il lui donnerait l’envie de recommencer. Erwan gloussa, tout en continuant ses douces tortures. Il sentait très bien, même trop bien, le corps de Luce réagir.

- Arrête de râler mon chou. Ne dis pas le contraire, tu aimes ce genre de réveil.

            Luce frotta son nez contre l’omoplate.

- Oui, c’est vrai, j’aime beaucoup, mais là, je dormais trop bien.

- Bah ! Je me suis juste vengé. La prochaine fois, tu réfléchiras à deux fois avant de piquer dans mon assiette.

- Hein ? Mais, tu trainais pour manger. Je croyais que tu n’avais plus faim, moi !

            Pour seule réponse, Erwan fit claquer sa main sur une des fesses de Luce.

- Aïeeeeee ! Sadique ! cria le garçon.

            Il se mit à gesticuler. Erwan sentit le désir revenir en force. Il agrippa Luce et le chavira sur le côté, mais Luce se débattit en riant, ne voulant pas lui faciliter la tâche. Il parvint à s’éloigner et voulut se lever pour s’échapper, mais avant qu’il ne puisse, Erwan le harpa par l’arrière et l’éjecta sur le lit.

            Luce riait à s’en faire mal aux côtes. Erwan grogna et fonça sur cette bouche qui se moquait à ses dépens. Loin de la refuser, l’adolescent passa ses bras autour du cou et répondit au baiser avec délice. Ensuite, Erwan approcha ses lèvres près d’une oreille et chuchota faisant frissonner Luce par son souffle.

- Pour me venger, tu vas morfler, mon Ange. Je vais te garder réveillé jusqu’au matin.

- Pff ! Que de la parlotte ! Montre-moi pour voir.

 

            Jamais il n’aurait imaginé pouvoir pénétrer dans ce lieu aussi facilement. Rah ! Il enrageait. Il avait presque réussi à en attraper un. Si seulement, ce chat ne lui était pas tombé dessus. Mon Dieu ! Ce type qui l’avait coursé ensuite. Il avait bien cru ne pas pouvoir en échapper.

            Il stoppa la voiture volée dans une ruelle sombre. Il sortit et regarda à droite et à gauche. Non pas âme qui vit à cette heure de la nuit. Une autre chose l’énervait. Il n’avait pas pu écraser ce policier. Zut, de zut et de zut ! Un flic en moins serait un de moins pour l’emmerder !

            Il s’enfonça dans la nuit à pied jusqu’à son appartement. Il savait avoir fait une bêtise. Il n’aurait jamais tiré sur David Ashton, surtout qu’il était déjà mort, mais il avait juste voulu atténuer sa frustration. Il voulait la peau d’Ashley Ashton. Celle-là, il prendrait un réel plaisir à la torturer avant de l’achever.

            La raison ? Devait-il avoir une raison pour la torturer ? Elle lui avait volé le bébé qu’il avait mis longtemps à créer. Il avait trouvé la fille parfaite pour faire ce gosse. Il l’avait offerte à une multitude de beaux gosses tous drogués à la poudre du dragon. Le lendemain, ils avaient oublié l’acte cruel qu’ils avaient commis.

            Quel plaisir, il avait eu à assister à l’agonie de cette petite pute. Elle faisait tout ce qu’il lui demandait. À la fin, elle ne pouvait plus vivre sans une dose de poudre rouge, une vraie marionnette vivante et sexy. Ensuite, quand le gosse fut assez grand, elle ne lui était plus d’utilité, alors il l’avait achevé sans état d’âme.

            Il s’en souvenait bien de ce jour. Il lui avait tiré un coup de fusil en pleine tête et il en avait même joui. Mais son portable avait sonné et il avait dû s’éclipser. Quand il était repassé dans cette demeure en ruine, il avait aperçu cette garce d’Ashley avec le bébé dans les bras.

            La rage l’avait gagné. Il l’avait suivi un temps, mais il l’avait finalement perdu de vue dans la foule. Depuis, il la recherchait. Il avait mis des années avant de pouvoir la retrouver, tout cela à cause de ce fils stupide. Mais, qu’est-ce qui lui avait pris de faire un gosse à dix-huit ans ? Maintenant, il l’avait sur le dos. Il le forçait à détruire toutes les preuves de ces actes passés.

            L’énergie qu’il avait dû mettre pour retrouver toutes ces enfants nées sous ses expériences avec cette drogue magique. Mon Dieu ! Quel gâchis ! Ces garçons et filles auraient très bien pu servir à autre chose. Les vendre peut-être ! Il était sûr que des hommes seraient prêts à donner une fortune pour avoir un esclave sexuel, un jouet dont la société se fichait royalement.

            Bah ! Maintenant, il n’en avait rien à faire. Il se sentait bien trop vieux pour essayer une nouvelle fois à s’attaquer à ces jeunes. Il dirait à son fils de s’en occuper à sa place. Lui, il voulait juste cette femme. Cette Ashley qui lui avait volé son jouet.

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Dimanche 17 mai 2009 7 17 /05 /Mai /2009 15:30

La tentative et la surprise : 65

 

            Comme Luce l’avait prédit, ces cauchemars s’arrêtèrent dès l’instant où Erwan fut auprès de lui. L’étudiant voulut connaître tous les détails de l’enquête. Barrony n’eut pas le dernier mot, évidemment. Erwan Miori était bien l’héritier d’August Miori, le PDG de la Miori Corporation, cela ne faisait aucun doute à ce sujet.

            Finalement, l’inspecteur prit plaisir à discuter avec ce garçon fort intelligent. Carlin et Akira assistèrent à cette discussion également. Quand Carlin s’aperçut de l’heure très tardive, il invita l’inspecteur à passer la nuit chez eux. Barrony voulut refuser, mais en croisant le regard noir, il comprit. Il n’avait pas intérêt à refuser.

            Heureusement pour Renko, il eut droit à de l’aide pour la cuisine. Maintenant, il y avait beaucoup trop de monde à nourrir. Alison vint lui donner un coup de main, mais son oncle l’empêcha de toucher un seul couteau. La jeune fille se vexa un peu avant d’éclater de rire. Son oncle connaissait sa légendaire malchance des couteaux. Il fallait toujours qu’elle se coupe.

            Youji Miori le mari de Mili arriva aussi en compagnie de sa petite sœur Lina. Ils attrapèrent Erwan. Monsieur, à peine la dernière réunion terminée, s’était volatilisé, sans rien dire, les laissant ramener les bagages. Erwan répliqua que c’était le rôle des subalternes de faire le sale travail. Lina, en riant, se mit à le frapper. Erwan l’attrape par le haut du corps et se la trimballa sur l’épaule jusqu’à un endroit où toute la maisonnée l’entendit hurler.

             Barrony songea plus d’une fois au cours du repas d’être dans une maison de fous. Ils parlaient tous en même temps, criaient pour se faire entendre à l’autre bout de la table. Luce discutait avec son père Carlin tout en piquant dans l’assiette de son petit ami. Erwan, halluciné, voyait son assiette se vider par le vorace près de lui. Heureusement, il avait eu l’idée de bien manger ce midi. De toute façon, il savait très bien comment se venger.

            Jeff se trouvait entouré par les jumeaux au grand dam de Quentin. Celui-ci se trouvait coincé entre Akira d’un côté et l’inspecteur Barrony de l’autre. Après ce repas bien copieux, tous les invités furent amenés de nouveau dans le salon.

            Luce, lui, partit à la recherche de ses deux chats. Il ne les avait pas vus depuis un moment et il commençait à s’en inquiéter. Il se mit donc en tête de partir à leur recherche en fouillant toutes les pièces de la maison, entrant dans les chambres également sans frapper. 

            Il reçut ainsi un oreiller de la part de Jeff quand il entra dans la pièce où se trouvait son ami en compagnie de Quentin. Bien sûr, Luce ne perdit rien du spectacle faisant rougir le jeune photographe jusqu’aux oreilles. Il ne resta pas les ennuyer, car il s’inquiétait beaucoup trop pour ces minous. Il ne put s’empêcher de lancer avant de s’en aller en gloussant.

- Si vous ne vouliez pas être vue en tenu d’Adam, ce serait peut-être une bonne idée de fermer la porte à clé, les amoureux !

            Pour toute réponse, il eut droit à un autre oreiller. Le garçon repartit de plus belle, en riant. Ces petits minous n’étaient pas dans la maison. Alors, il redescendit au rez-de-chaussée, enfila sa grosse doudoune et sortit par la porte arrière. Évidemment, il faisait noir, évidemment, il faisait froid et le sol était glissant.

            Il avait encore neigé. Luce resserra son manteau et observa autour de lui. Le terrain était bien trop grand pour tout vérifier, mais ce n’était pas un problème. Luce commença à avancer en faisant attention à ne pas tomber.

            Enfin, il chavira assez vite sur les fesses. Luce se redressa et se traita de tous les noms. Il n’était même pas capable de rester debout plus de cinq minutes. Il reprit sa route dans le noir. Il connaissait pourtant la cour de chez lui par cœur. La seule lueur était celle peu visible de la lumière de dehors.

            Il voulait rejoindre le chêne. Il se doutait que son petit chenapan de Timon y serait à coup sûr. Un petit vent se leva, le faisant frissonner. Il devait faire vite. Il faisait vraiment trop froid. Luce s’arrêta quelques pas avant l’arbre. Il jeta un coup d’œil autour de lui. Mais la seule chose qu’il vit fut les arbres remués et la neige qui recommençait à tomber.

            Pourtant, il lui avait semblé avoir vu une ombre. Il haussa les épaules et reprit sa route. Arrivé devant l’énorme tronc, il leva les yeux.

- Timon ? Appela-t-il.

            Il entendit un faible miaulement. Luce secoua la tête. Il en était sûr. Cet idiot était encore monté sur l’arbre alors qu’il ne savait pas redescendre.

- Vous allez me faire devenir chèvre, tous les deux !

            Luce se gratta la tête en réfléchissant. C’était un peu risqué, mais bon, il avait quand même l’habitude de grimper. Le garçon soupira avant de souffler dans ses mains pour les réchauffer. Il commença alors à escalader. Il ne regardait pas vers le sol de peur de glisser.

            Tout à coup, il sentit son pied gauche se faire agripper et tirer.

- Aaaah !

 Le garçon par réflexe croisa ses bras à la branche solide. Il jeta un coup d’œil vers le bas et vit une ombre au pied de l’arbre. Elle lui tira la jambe vers le bas. La peur lui nouant l’estomac, Luce prenant appuie sur la force de ses bras, balança sa jambe droite pour frapper l’inconnu.

L’ombre s’éloigna pour éviter le pied, mais revint aussi vite à l’attaque. Luce sentait sa force s’épuiser. Il avait également mal à la jambe. D’un seul coup, un feulement retentit, et le garçon aperçut une boule tigrée, lui passait juste devant pour tomber droit sur l’ombre qui poussa un hurlement contre la fureur du félin.

Luce, effrayé, ne perdit pas de temps et monta le plus haut possible dans l’arbre. L’inconnu arriva à retirer l’animal sur lui et l’éjecta. Mais loin de calmer l’animal, celui-ci, le poil hérissé, feulait de plus belle, près en découdre avec ce mécréant. L’ombre hésita un instant, regardant l’arbre où le garçon venait de se réfugier, le chat en fureur et la grande maison.

Une exclamation le fit réagir en quatrième vitesse. Il fit demi-tour et s’enfuit le plus rapidement possible de cette résidence. Luce d’où il se trouvait, vit un homme passer à la poursuite de l’inconnu. Ensuite, il vit le visage de ses deux pères. Luce sentit des larmes couler le long de ses joues. Il avait vraiment eu peur sur le coup.

Il commença à redescendre, mais rata la dernière branche. Il chavira en poussant un hoquet de surprise, mais il fut rattrapé en tombant directement dans les bras de son père Renko.

Le garçon lui entoura le cou et se mit à sangloter. Carlin, les sourcils froncés, inquiets, serra de ses bras son homme et son fils.

            Quand Luce se calma, son père le reposa sur le sol. Le garçon renifla et essuya ses yeux avec maladresse.

- Bon Dieu !  Mon bébé, tu nous as fait une peur bleue à disparaître comme tu l’as fait.

- Mais, je vous avais dit que je partais à la recherche de Timon et de Pouba.

- Peut-être, mais tu aurais dû nous prévenir que tu sortirais.

            Luce renifla à nouveau et observa son père Carlin. Il le trouvait plus pâle que d’habitude. Il se rendit compte qu’il leur avait fait vraiment peur. Les larmes revinrent. Carlin, soulagé, sourit à son fils et lui frotta les yeux humides avec un mouchoir.

- Voilà, c’est bon. Maintenant, tu es en sécurité.

- C’est grâce à Timon.

- Mmmh ! Je l’ai bien choisi, alors ! S’exclama, tout à coup la voix d’Erwan.

            Il revenait du lieu où l’individu s’était enfui. Luce se détacha de ses pères pour aller dans les bras de l’étudiant. Renko et Carlin se regardèrent, un peu tristes. Leur bébé avait bien grandi.

- Tu n’as pas réussi à le rattraper, Erwan ?

            Erwan se renfrogna.

- Non, pas de beaucoup, mais il a réussi à m’échapper. En tout cas, vous feriez mieux d’aller voir si Barrony n’a rien. La voiture de l’inconnu lui fonçait droit dessus.

            Carlin hésita un instant en observant son fils, puis reprit le chemin de sa maison. Son fils était entre bonnes mains. Erwan attendit que les parents de son petit ami disparaissent, pour tourner le garçon face à lui.

            Luce leva ses yeux mordorés, encore un peu humides, vers l’étudiant. Celui-ci voulait lui faire la morale, mais au lieu de ça, il l’embrassa avec fougue. Luce eut vite le souffle coupé. Il porta sa main à sa bouche, troublée.

- Ne me fais plus aussi peur, Luce. J’ai cru devenir fou.

- Pardon, murmura-t-il, d’une voix, fort basse.

            Luce tourna son visage vers la droite et y aperçut Timon se lavant tranquillement la patte, sa fureur oubliée. Le garçon s’approcha de son animal et le prit dans ses bras. Timon posa son museau sur la joue de son maître pour une caresse en ronronnant. Le garçon gloussa.

- Merci, mon petit Timon. Tu m’as bien aidé.

            Le félin ronronna de plus belle. Les caresses de son maître étaient divines. Erwan finit par déclarer qu’il serait peut-être temps de rentrer pour ne pas geler sur place. L’étudiant enlaça ses doigts à ceux de Luce et reprit le chemin vers la maison. Arrivé devant la porte d’entrée, Timon s’échappa à nouveau et se rendit vers la buanderie.

            Les deux garçons, intrigués, s’y rendirent eux aussi. Luce eut alors une exclamation. Pouba se trouvait simplement assis sur la machine à laver le linge et il observait, très intéressé semble-t-il, une jeune maman féline dans le panier à linge mettant bas ses petits.

            Luce s’accroupit juste devant, en admiration devant la nouvelle petite famille, sa mauvaise expérience déjà envoyait aux oubliettes. Carlin fit son apparition à son tour. Il eut la même exclamation que son fils et se mit dans la même position.

            Erwan, appuyé contre le mur, secoua la tête. Tel fils, tel père, la ressemblance étaient vraiment trop frappants des fois. Il jeta un coup d’œil sur le côté et croisa le regard fataliste et souriant de Renko. Ils se sourirent mutuellement.

- Elle en a cinq. Mazette, qu’est-ce qu’elle est mignonne, s’émerveilla Luce.

- Mmh ! Martha va avoir une crise cardiaque. Tu es bien jolie mademoiselle, mais tu aurais pu choisir de faire tes bébés ailleurs que sur le linge propre.

            La chatte le regarda légèrement avant de s’en détourner avec une certaine arrogance, pour nettoyer avec minutie le pelage de ses petits.

- Je me demande si Pouba n’est pas le papa. Regarde comme il veille sur eux.

- Mouais ! Il aurait pu se protéger quand même. Pfft !  Je vais faire quoi de cette marmaille, maintenant ?

- Se protéger ? Je te rappelle que ce sont des animaux, Carlin. Je t’avais prévenu de les faire castrer.

            Carlin se redressa et se retourna vers son homme, avec un sourire.

- Les castrer ? Mais, ça ne va pas la tête. Les pauvres ! Luce ? Tu aurais pu expliquer à tes chats de prendre des précautions. Ou, mieux encore, ils n’auraient pas pu virer gay, ces deux-là ! Me voilà bien ! Je vais encore être obligé d’élever des gosses, s’écria Carlin, en quittant la buanderie, sous le regard interloqué de son fils, d’Erwan et de son compagnon.

            Les trois hommes se regardèrent un instant en silence avant de partir en fou rire. Il n’y avait que Carlin, pour sortir ce genre de phrase. Pour rien au monde, ils ne le changeraient. Erwan rejoignit son petit ami. Luce regardait de nouveau la petite famille.

- Bien, bien ! Maintenant, je suis plus rassuré, finit-il par déclarer, amusé.

- Hein ? En quoi ?

- Quand ces petits marmots seront grands, tu auras cinq chats de garde, en plus de Timon et de Pouba.

- Erwan ?

- Oui, mon chou ?

- Tu ne vaux pas mieux que papa Carlin, le sais-tu au moins ?

            Erwan attrapa le bras de Luce et le fit tomber dans ses bras. Luce se mit à rire et posa son front contre l’épaule de l’étudiant.

- Hé ! Ne me compare pas à ton idiot de père.

- Tu vas morfler s’il t’entend le traiter d’idiot.

- Je veux voir ça !

            Erwan piqueta les lèvres de son Luce avec une certaine tendresse, avant de se relever. Il donna à nouveau un rapide baiser, avant de s’éclipser de la buanderie à la recherche du père de son petit ami. Luce secoua la tête et éclata de rire en entendant Erwan crier.

- Carlin ? Où es-tu ? Je viens de faire une découverte. Je crois bien que tu es atteint de la même maladie que Ludwig.

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Samedi 16 mai 2009 6 16 /05 /Mai /2009 20:40
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Samedi 16 mai 2009 6 16 /05 /Mai /2009 10:53
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /Mai /2009 23:27

La rencontre avec Duncan Stuno et Sahel Shang

 

            Mongaliste était un petit village se situant entre une plaine immense d’un côté et une forêt de l’autre. Il se trouvait coupé du reste du monde. Le monarque d’Elhalyne la belle ne devait même pas connaître son emplacement.

En tout cas, les villageois n’avaient jamais rencontré les collecteurs d’impôts. Ils ne s’en portaient pas plus mal, car les grandes villes en souffraient beaucoup. Les plus anciens du village racontaient souvent que le pays était vraiment en harmonie et en paix quand les Angios étaient encore au pouvoir. Malheureusement, le dernier d’entre eux, le vieil Aymeric venait de mourir selon les dires de maladie.

            Les ancêtres en étaient choqués. Les Angios ne tombaient jamais malades, disaient-ils, les gens du château mentaient comme des arracheurs de dents. Mort de vieillesse, ils auraient pu le croire, mais de maladie ? Impossible !

Le nouveau Roi proclamé était un jeune Duc qui n’avait aucun lien avec Aymeric. Celui-ci n’avait laissé aucun héritier. Le Duc Hang Shu décida de prendre les rênes avec l’aide des conseillers de la couronne. Personne n’avait osé contredire cette légitimée de peur des représailles.

Manos Stuno sortit de sa maison de bois après avoir salué sa femme d’un tendre baiser. Vingt ans de mariage avec la douce et aimante Elina, c’était le rêve de beaucoup d’hommes et certains l’enviaient sincèrement.

Il se dirigea vers la maison la plus éloignée. Il faisait signe à toutes les personnes qu’il rencontrait, discutait avec certains du temps, de la récolte, de leur enfant. Elina ne lui avait donné qu’un seul fils, Duncan, âgé maintenant de dix-huit ans déjà. Que le temps passait vite ! Il ne l’avait pas vu grandir.

En arrivant devant la dernière maison, il frappa à l’entrée. Il signalait juste sa présence à la femme qui y habitait. Marine Shang était une jeune veuve venue deux ans auparavant dans leur village afin de vivre en paix avec son tout jeune fils. Son mari d’après ces dires serait mort pendant la guerre à Inonumy. Une guerre qui ne dura que le temps à Isayc le barbare de prendre entièrement le contrôle de tout le royaume. Personne, maintenant, n’osait le défier.

Isayc avait annexé à Inonumy les deux autres royaumes à sa possession, Noslado et Carimba. Elhalyne et Soleda se faisaient très petits devant cette nouvelle puissance. Ils tremblaient comme de vieilles carcasses devant cet envahisseur.

Manos venait donc souvent chez Marine afin de lui couper du bois pour l’hiver approchant. Il attrapa la hache et commença son travail. Il aimait beaucoup le travail physique. Il pouvait ainsi se changer les idées. Son fils avait tendance à être comme lui.

D’ailleurs, Duncan avait hérité de la carrure de son père et même de son visage. Un corps, plutôt grand, mais trapu, leur visage pouvait être considéré de sévère à cause de leur mâchoire carrée, sauf quand ils souriaient, leurs yeux marrons brillaient et les rendaient beaucoup plus sympathique. Comme Elina disait « Mes hommes sont comme des ours, ils font peur, mais en fait ce sont de grosses peluches vivantes » !

Un sourire éclaira le visage de Manos en songeant à cette phrase. Il sentit alors un regard sur lui. Il arrêta alors sa hache et se tourna vers la petite silhouette gracile. Il y vit un petit bonhomme de huit ans à peu près, très svelte, la peau d’un blanc laiteux. La frimousse ressemblait à celui d’un ange avec son visage ovale, son petit nez retroussé et surtout ses yeux. Manos adorait les yeux de ce gamin, des yeux bridés, mais dont la couleur argentée brillait toujours d’un éclat doux, espiègle et vif.

Sa mère lui avait laissé pousser les cheveux et leur longueur atteignait la moitié du dos. Sa femme aimait beaucoup coiffer cette magnifique chevelure, d’un blond cendré. Mais, parce qu’il y avait un mais…, ce garçon si parfait avait deux défauts. La première était qu’il ne parlait pas, la seconde était la marque en forme de barbelés autour du cou.

 Le fait d’être muet était en soi pas si dramatique que cela, le garçon arrivait très bien à se faire comprendre, mais pour la marque sur le cou, Manos en était un peu effrayé. Il ne comprenait pas pourquoi il réagissait ainsi, mais cette marque n’était pas naturelle selon lui. Elle ressemblait à une malédiction.

- Bonjour Sahel ! Finit-il par dire après son long silence.

            Le gamin pencha la tête sur le côté et lui adressa un sourire troublant. «  Mon Dieu ! Pour un sourire pareil, nous serions capables de lui décrocher la lune si seulement il pouvait le demander, pensa aussitôt Manos. »

- Duncan n’est pas là. Il est parti chasser dans la forêt.

            Le jeune garçon hocha la tête en signe de compréhension. Il s’installa alors sur une grosse buche et continua de regarder l’homme. Manos se gratta la tête. Il ne voulait pas blesser l’enfant avec ses mots.

- Euh!... Tu ne devrais pas rester ici, Sahel. C’est dangereux, je ne voudrais pas que tu sois blessé par accident.

            Le jeune garçon soupira, un peu triste. Il s’ennuyait. Il grimaça en entendant sa mère crier tout à coup.

- Sahel ? Arrête d’ennuyer les adultes. Viens ici de suite !

            Sa mère allait encore l’empêcher de sortir. Elle n’appréciait pas le voir discuter avec d’autres personnes. Elle tolérait juste la famille Stuno et encore, c’était vraiment limite. Il ne comprenait pas pourquoi elle agissait ainsi avec lui. Il aimerait beaucoup lui dire qu’il en avait assez d’être traité comme un enfant irresponsable, mais il ne pouvait pas.

            Il pénétra dans sa maison et croisa le miroir du couloir qui menait à la cuisine. Son reflet lui montra la cicatrice autour de son cou. Il ne l’aimait pas. Il l’avait depuis son plus jeune âge, mais il ne la supportait pas. Elle ressemblait trop à une laisse. Il était sûr qu’elle l’empêchait d’être vraiment lui. 

            Sa mère lui ressemblait beaucoup. Elle aussi avait les yeux argentés et les cheveux blond cendré, Sahel la trouvait très belle, mais il ne l’aimait pas. Elle lui mentait depuis toujours, mais il ne savait pas en quoi. Elle était assise sur une chaise et d’épluchée des pommes de terre. Elle s’arrêta à son entrée. Elle lui fit signe d’approcher.

Elle posa ensuite ses deux mains sur les épaules du garçon. Sahel se tendit. Il allait sentir une certaine douleur à son cou. Il ne savait pas si c’était vraiment elle qui lui donnait cette douleur, mais à chaque fois qu’elle osait poser ses mains de cette façon, la douleur était présente.

- Tu dois m’écouter plus sérieusement mon petit Sahel. Tu ne dois pas jouer avec les villageois. Tu leur es bien trop supérieur pour te laisser souiller par cette race déficiente.

            Les yeux argentés brillèrent et des larmes coulèrent le long des joues du jeune garçon. La douleur était insoutenable. Il finit par s’éjecter en arrière, vexant sa mère par ce geste. Celle-ci ne devait vraiment pas se rendre compte de la douleur qu’elle provoquait.

            Il secoua la tête. Pourquoi n’avait-il pas le droit d’être ami avec ces hommes ou ces femmes du village ? Et en quoi était-il supérieur à eux ? Il ne comprenait pas du tout. Il préféra s’éloigner. Il se mit à courir et sortit en trombe de la maison en bousculant au passage Elina Stuno. La femme regardant le petit s’éloignait avec inquiétude. Il fonçait droit dans la forêt. Elle préféra le signaler à son époux.

 

            Duncan Stuno commençait sérieusement à se demander s’il arriverait à chasser quelque chose aujourd’hui. Il était pourtant l’un des meilleurs chasseurs du village et des environs. Mais aujourd’hui ne devait pas être son jour. Il songea alors faire une petite pause à la prochaine petite plaine qu’il croiserait.

            D’après son sens d’orientation à toute épreuve, il constata que son prochain arrêt serait près d’un ruisseau. Il pourrait peut-être faire une bonne pêche au lieu de la chasse. Qui sait ? D’un bon pas joyeux, il s’y rendit.

            Quand il déboucha dans petite éclaircie, il stoppa net devant le spectacle devant lui. Un homme dormait, allongé sur l’herbe, la tête posée sur un sac de voyage. Le soleil faisait briller ses cheveux acajou qui faisaient ressortir sa peau brune. Mais le plus étrange était plutôt son petit compagnon. Un magnifique Aigle se tenait sur une des épaules de l’homme et surveillait autour de lui comme un bon chien de garde. Enfin, il donnait cette impression à Duncan.

            Le volatile le vit et le regarda froidement en penchant sa petite tête pendant un petit moment avant de trompeter d’un seul coup. Il fit un tel boucan que le dormeur se réveilla en sursaut.

- Otys ! Je t’ai déjà demandé d’arrêter de glatir dans mes oreilles. Tu veux me rendre sourd.

            Par pure vengeance de s’être fait gronder, l’Aigle poussa de nouveau son cri avant de prendre son envol. Duncan était complètement pétrifié, non pas de peur, mais de ravissement. C’était la première fois qu’il rencontrait un humain et un volatile être aussi proche. L’homme se releva et se retourna.

            Duncan en fut encore plus estomaqué. L’homme face à lui devait avoir au moins son âge et il avait une beauté aussi sauvage que le volatile, mais sa plus grosse surprise était surtout la couleur de ses yeux. C’était la première fois qu’il rencontrait quelqu’un avec des yeux rouges comme le sang.

- Euh!... Bonjour, finit-il par dire, bêtement.

            Le vagabond sourit, montrant au passage une dentition parfaite et très blanche. Duncan fut soulagé de voir que l’individu n’était pas un mendiant. Il n’en avait pas l’allure, mais bon, il fallait faire attention aux apparences. Elles pouvaient être trompeuses.

- Je m’appelle Duncan. Et vous ?

- Requiem, mais tu peux me tutoyer. Cela ne me dérange pas. Je ne savais pas qu’il y avait un village dans les environs.

- Oui, tous les voyageurs nous le disent. Nous sommes vraiment coupés du monde.

            Duncan se sentait intimidé face à ce garçon du même âge. Habituellement, il était le plus grand, mais le voyageur le dépassait presque d’une bonne tête. D’où venait-il pour être aussi grand ?

- Comment as-tu fait pour être ami avec un Aigle ?

- Je lui ai juste soigné son aile blessée, mais depuis il ne me quitte plus. Comme j’en avais assez de l’appeler, monsieur, l’aigle, je l’ai baptisé Otys. Il a l’air de l’apprécier. C’est un bon compagnon de route, un peu étrange je dois admettre.

- Bah ! L’originalité peut avoir du charme.

            Requiem émit un petit rire. Il appréciait bien ce garçon. Il ne semblait pas effrayé par ses yeux. Un bon point pour lui ! D’un seul coup, un énorme grommellement retentit faisant sursauter Duncan. Il se mit sur ses gardes aux aguets. Requiem leva les yeux vers les cieux et resta figé un instant avant de ramasser son épée posée à même le sol. Il se mit à foncer droit devant lui.

            Duncan vit le jeune voyageur ramasser son arme et partir en courant. Quelle mouche l’avait piqué celui-là ? Un sanglier en fureur se trouvait dans les parages. Duncan reconnaitrait ce grommellement comme personne. Ce sanglier, tous les villageois, le surnommait le « démon des enfers ». Il avait déjà causé la mort de plusieurs chasseurs.

            Il devait prévenir ce garçon du danger. Duncan serra son arc dans les mains et partit à la poursuite du voyageur. Il eut bien du mal à le suivre. Requiem courait avec une souplesse incroyable presque comme celle d’un félin. Il ne ralentissait même pas quand il tournait. Duncan lui eut bien du mal à ne pas chavirer à chaque fois.

            Il pouvait aussi voir le voyageur observer le ciel de temps en temps. Que regardait-il ? Duncan fit de même et aperçut alors l’Aigle. Celui-ci tournait autour d’un secteur de façon frénétique. Quelque chose devait se produire à cet endroit.

            Requiem ne perdit pas de temps. Il fonça sans s’arrêter. Il ne savait pas pourquoi, mais son pressentiment lui disait de se dépêcher. Il arriva enfin à la sortie. Il se retrouva devant une petite plaine. Un énorme monstre ressemblant à un sanglier, mais d’une taille démesurée frottait le sol, le corps agité de fureur explosive.

            Au centre se tenait un jeune garçon qui observait la créature, le regard horrifié. Requiem pouvait voir les traces de larmes sur les joues. Il ne savait qui était cet enfant, mais il sentait une urgence en lui. Il devait faire son possible de sauver ce garçon.

            Le sanglier se mit en mouvement et fonça droit sur sa proie. Duncan arriva à ce moment-là et vit toute l’horreur. Le pauvre Sahel se trouvait être la fameuse proie du démon de la forêt. Duncan sortit rapidement une flèche et tendit son arc. Il n’allait pas rester à ne rien faire sans réagir, même s’il savait sans espoir de sauver l’enfant. Il ne prit pas le temps de voir ce que fabriquait le jeune voyageur.

            La flèche lancée toucha très bien la cible faisant grogner l’animal, une autre et une autre furent lancées, mais sans succès. Duncan en avait presque les larmes aux yeux. Il l’aimait bien ce gosse. Quand le monstre arriva presque sur le gamin, Duncan le vit s’arrêter net sans aucune raison. Alors, il vit enfin. Requiem s’était déplacé bien plus rapidement que l’animal et se trouvait devant la proie du monstre.

            Le sanglier piétina de fureur, mais l’épée rougeoyante de l’étrange humain le tenait en place. L’animal était loin d’être stupide. Il sentait bien que cet homme face à lui n’était en rien un être aussi faible que ces humains.

            Le monstre remua toujours furibond. Il ne voulait pas croiser les yeux rouges. Il en avait peur. Il pouvait donner la mort. Le vent se leva d’un coup. Il venait de l’est. Le vent venait d’un endroit où il ne venait jamais habituellement. Ce n’était pas logique pour l’animal. Le sanglier entendait des chuchotements dans ses oreilles. Des chuchotements ressemblant à des chants.

            Le monstre recula de peur, effrayé. L’homme aux yeux rouges s’avança, alors l’animal fit demi-tour et prit la poudre d’escampette. Duncan ne comprit pas vraiment ce qui avait bien pu se passer, mais l’important était la sécurité de l’enfant. Il fonça en direction du jeune garçon.

            Celui-ci se laissa prendre dans les bras de son grand ami et se remit à pleurer. Il redressa la tête en entendant des bruits de pas. Il croisa les yeux rouges de l’inconnu qui venait de lui sauver la vie.

            Requiem observa le jeune garçon, très surpris. Il n’avait pas remarqué sur le coup, mais maintenant il pouvait bien voir les yeux argentés. Ce jeune garçon était tout simplement un angio comme lui, mais : pourquoi avait-il encore l’apparence d’un enfant humain ?

Par origine1975 - Publié dans : Requiem Pfefferberg - Communauté : Fiction Originale
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /Mai /2009 12:34

Davey, Darkos et les Isoko

 

            Davey Lind était un jeune homme de vingt ans à peine. Il était originaire d’une ville plus au nord d’Inonumy. Ce jeune était plutôt grand, dégingandé même, très mince, le visage émacié aux pommettes saillantes assorties d’un nez un peu busqué, des yeux verts aux paillettes d’or et une bouche très fine.

            À Lamaury les pinsons, sa ville natale, les habitants avaient pour habitude de le surnommer sac d’os. Un qualificatif que Davey n’appréciait pas beaucoup, car son père l’utilisait à tout bout de champ.

            Son père ? Rien que de songer à lui, lui donnait la nausée. Pendant des années, il avait été la chose, le jouet de son père. Le garçon en avait eu une peur bleue, mais pour protéger ses frères et sœurs, il acceptait sans broncher les attouchements et biens plus de son géniteur. Quelques fois, son paternel revenait avec des amis de beuverie et le pauvre Davey subissait leur assaut.

            Il avait eu la plus belle preuve d’amour de sa famille, le jour de l’enterrement de son père. Sa mère l’avait tout simplement jeté à la rue. Ses frères et sœurs lui avaient tourné le dos tout en l’injuriant.

            Le garçon avait fini par sombrer dans le néant le plus total. Il pensait ne plus jamais pouvoir se relever de cette trahison, alors un jour, il avait décidé d’en finir avec sa vie misérable.

            Il avait dirigé ses pas vers le grand pont qui enjambait le canal. Ce pont amenait sur le chemin menant à une grande ville qui à une certaine époque avait été une des plus belles capitales avec de très beaux monuments. Certains d’entre eux d’ailleurs avaient bien résisté comme la Tour Eiffel ou l’Arc de triomphe.

            Mais la belle ville de l’époque n’existait plus, c’était devenu la ville des miséreux et de la vermine en tout genre. Davey devait s’y rendre, mais en arrivant sur ce pont et en observant avec insistance cette eau trouble du canal. Il songeait qu’il pourrait en finir assez vite avec sa vie en se jetant dans ses eaux lugubres.

            Grâce à une hésitation de sa part, il put faire la connaissance de l’homme qui allait lui réapprendre à vivre, à respecter sa vie, son âme. Darkos, un vieil homme d’une cinquantaine d’années, trapu et grisonnant, était un ancien soldat du Royaume de Noslado. Il avait vu périr sa femme et ses trois enfants dans un incendie commis par des hommes d’Isayc le barbare.

            En rencontrant Davey, cela l’avait sauvé de la déchéance. Ce garçon aurait eu l’âge d’un de ses fils alors il le prit sous son aile. Les deux hommes se mirent ainsi à voyager jusqu’à arriver un jour à la ville d’Inonumy. Ils avaient trouvé du travail comme garde au château d’Archibald Pfefferberg.

            Pour Darkos, il ne faisait aucun doute que Davey était devenu son fils, mais une chose le gênait chez le garçon. C’était son penchant pour les hommes et non pour les femmes. Le vieil homme avait essayé de lui faire comprendre qu’il faisait fausse route et Davey avait agi comme s’il comprenait. Le garçon ne voulait pas perdre la seule personne qui lui offrait gratuitement de l’affection.

            Mais, Davey devait bien s’avouer la difficulté de cacher son penchant surtout après avoir croisé un jeune garçon de la ville. Ce garçon, il l’avait juste croisé à la sortie d’une pâtisserie lors d’un de ses jours de repos.

            Il pouvait assurément qualifier de coup de foudre, cette rencontre. Bien sûr, il n’osa jamais l’approcher, il se savait souillé, mais il aimait l’observer de loin. Il aimait le regarder vivre, le voir se chamailler avec ses sœurs. Il avait même fini par savoir son prénom, Ménérys, un prénom doux, chantant et qui lui allait parfaitement.

            Et puis un soir, sa douce vie au château bascula à nouveau, dans l’horreur. L’armée d’Isayc dont certains soldats étaient des marionnettes de guerres qu’on nommait déchiants, attaqua la grande et belle ville d’Inonumy.

            Darkos et lui durent se battre pour leur survie. Ils assistèrent au meurtre du Roi Archibald. Davey eut la malchance de croiser le regard bleu ciel d’Isayc, des yeux froids, sans âme, encore plus inhumain que ceux d'un déchiants.

            Le jeune homme supplia Darkos de fuir le château au plus vite, mais en cours de route, ils rencontrèrent des soldats et durent de nouveau combattre. Quand le vieil homme tomba sous un violent coup au flanc, Davey pensa à sa dernière heure également.

            Il se laissa tomber sur le sol s’affaissant contre un mur. Il posa juste la tête de Darkos sur ses jambes afin de veiller sur cet homme qui lui servait de père. Allait-il mourir de cette façon ? Il ne voulait plus mourir. Il regrettait maintenant de n’avoir jamais osé adresser la parole à ce garçon qui faisait battre son cœur un peu trop vite.

            Il commençait réellement à partir en dérive quand son attention se porta sur un bruit. Il pouvait entendre des cris de poursuites. Quelqu’un dans ce château était encore en vie. Il devrait prendre son courage à deux mains et se levait. Il devait au moins essayer de l’aider, mais il en avait plus la force.

            Finalement, les pas s’approchèrent et le jeune homme aperçut celui dont les domestiques traitaient de monstre, de Démon. Davey ne le connaissait pas vraiment. Il l’avait juste une fois entre aperçu en compagnie du Roi. Le jeune homme livrait la nourriture aux prisonniers.

            La seule chose dont se souvenait Davey était la tristesse dans les yeux rouges. Ce garçon à l’apparence d’un adolescent d’une douzaine d’années, n’avait en rien dans l’apparence ressemblant de prêt ou de loin à un démon. Pourtant, Davey savait bien ce que le Roi demandait à son jeune fils.

            Darkos et lui étaient souvent chargés de nettoyer après le passage de ce jeune garçon. Son vieil ami était du même avis que lui. Arriver à faire de son propre fils un meurtrier de sang-froid pour son simple plaisir, c’était criminel.

            La première fois qu’il avait rencontré un de ses crimes, Davey avait pensé voir quelque chose d’horrible, mais en fait, il avait juste l’impression que le prisonnier dormait paisiblement et pour l’éternité. Leur visage était tout simplement serein. Il savait que le Roi n’en était pas satisfait. Il avait souvent entendu le fouet agir contre le dos de l’enfant, mais celui-ci ne réagissait même pas.

            Maintenant, il revoyait ce jeune garçon, mais différemment. Le regard de celui-ci était en colère, en fureur et déterminé. Il le vit attraper une énorme épée rougeâtre. Davey songea que l’arme était forgée pour ce garçon tellement ils s’harmonisaient ensemble.

            Il le vit combattre ses hommes avec une incroyable efficacité et meurtrière. Le sang giclait dans tous les sens comme de la fureur. Comment un jeune garçon vivant dans un simple cachot depuis sa plus tendre enfance pouvait savoir manier une telle arme avec autant de professionnalisme ?

            Par contre, la peur le tenailla pendant un long moment quand ce garçon l’aperçut. Pourtant, la colère et la fureur semblaient avoir disparu de ses yeux flamboyants. Il le vit s’approcher d’eux. Davey eut bien du mal à avaler sa salive.

- Comment t’appelles-tu ? demanda le garçon.

-Da… Davey

- Et ton ami ?

- Dar… Darkos

            Davey observa le jeune garçon approcher sa main sur le front de son vieil homme. Il ne vit pourtant rien, mais il constata juste un léger frissonnement dans le corps de Darkos. Quand le jeune lui frôla son propre front, il sentit lui aussi une légère pression électrique dans tout le corps. Il dut même fermer les yeux tellement c’était une sensation étrange et pas mauvaise non plus, plutôt agréable et apaisant.

            Quand il les rouvrit, le garçon ne se trouvait nulle part, seuls restaient les cadavres qu’il avait laissés derrière lui. Darkos remua et se redressa complètement surpris. Il ne ressentait plus de douleur, plus de souffrance à son flanc. Sa blessure mortelle avait disparu. Il se tourna vers son jeune ami et l’interrogea du regard.

- Si je te dis la vérité, tu ne me croiras surement pas, répondit simplement Davey.

            Darkos regarda autour de lui et vit à son tour la multitude de cadavres. Que s’était-il passé ? Il se secoua la tête très forte. Stupide question ! Il devait songer plutôt à s’enfuir tant qu’il le pouvait encore. Il se leva et aida Davey à se remettre sur pied.

            Ils prirent la direction de la sortie en passant par la cuisine, moins surveillée. Ils purent ainsi se retrouver à l’air libre sans rencontrer véritablement de résistance. Le plus simple était de gagner l’immense forêt qui jouxtait la ville, la plus grande existant à travers toute la région d’Inonumy.

            Ils traversèrent au pas de course tout en restant aux aguets à travers le dédale de la ville en feu. Les deux hommes pouvaient toujours entendre le cri des habitants d’Inonumy. Dans l’esprit de Davey était sans arrêt présent le souvenir de Ménérys et de ses sœurs. Avait-il réussi à fuir cette ville ? Ou avait-il succombé ?

            Ils arrivèrent sans problème aux abords de la forêt. Étrange qu’aucun soldat d’Isayc ne fasse des gardes dans ce coin. Il est vrai que les rumeurs disaient que cette forêt était maudite et regorgeait de beaucoup de pièges de l’ancien temps. Mais était-ce une raison de la laisser sans surveillance ?

            Avec plus de prudence, les deux hommes commencèrent à s’enfoncer. C’est à cet instant que Davey entendit une dispute un peu plus loin. Il reconnut sans problème la voix masculine. Il ne pouvait que la reconnaître pour l’avoir entendu souvent se chamailler avec la plus grande fille que Davey n’ait vue de sa vie.

            Sans prévenir son camarade, il changea de direction. Il prit le chemin menant vers cette voix. Il arriva au moment où le garçon de ses rêves s’écroulait sous le coup donné par sa sœur. Celle-ci avait les yeux affolés et effrayés. Elle finit par faire demi-tour et s’enfuit. Alors sans attendre, Davey s’approcha rapidement vers le corps allongé.

            Il s’agenouilla juste à côté et hésita. Il avait un peu peur de constater le décès du garçon. Il le regarda plus attentivement. Ménérys avait plutôt une taille de fille, d’ailleurs les habitants d’Inonumy le traitaient souvent ainsi. Non seulement à cause de sa taille, mais aussi à cause de sa minceur. Il avait une peau plutôt basanée comme la plupart des Inonumiens, mais ses cheveux avaient la couleur des blés accompagnés par des yeux noisettes sous un visage sans défaut et un peu féminins. D’après ce qu’il avait pu apprendre sur la famille Isoko, Ménérys était le portrait craché de leur mère décédée. Cette femme avait dû vraiment être belle.

            Davey se décida enfin à réagir et tourna légèrement la tête du jeune garçon et put constater que la blessure à la tête ne semblait pas aussi grave. Il déchira un morceau de sa chemise et épongea le sang avec toute la douceur qu’il put. Un bruit lui fit tourner la tête et aperçut Darkos en compagnie de deux jeunes filles.

            Celles-ci en voyant leur frère allongé, poussèrent un petit cri de surprise et le rejoignirent. Menmory, cette fille presque aussi grande que Davey, lui jeta un simple coup d’œil avant de caresser tendrement les cheveux comme les siens.

- Qui a osé lui faire ça ? S’exclama Clendory.

- Votre sœur Isadora, je crois.

            Les deux filles incendièrent Davey du regard. Le jeune homme baissa la tête, intimidée. Il disait pourtant la vérité.

- Impossible ! Isadora ne ferait jamais une chose pareille. Où est-elle d’ailleurs ? Et Doris ?

- Doris se battait avec les soldats. Isadora ne l’a pas accepté, murmura alors, Ménénrys revenant à ses esprits.

            Il voulut se remettre debout, mais chancela. Davey, plus rapide que Menmory, le retint et l’aida à se relever. Menmory en fut contrariée. Elle avait toujours été celle qui aidait son frère. Elle était sa garde du corps.

- Merci

            Davey se sentit rougir. Darkos fronça les sourcils et finit par répliquer.

- Davey ? Il faut partir maintenant. Les soldats vont finir par venir ici. Je ne me vois pas en train de tous les combattre. Nous avons déjà beaucoup de chance d’avoir survécu pour l’instant.

            Le jeune homme hocha la tête. Son ami avait raison, mais…. Il se tourna vers les trois enfants Isoko.

- Venez avec nous. Vous ne pouvez pas retourner dans la ville. C’est bien trop risqué.

- Merci de t’inquiéter de notre sort, mais nous sommes assez grands pour savoir ce que nous allons faire, lui assena Clendory, d’une voix plutôt tranchante.

            Davey baissa la tête. Il ne pouvait pas les convaincre. Sa stupéfaction fut surtout en sentant une main le retenant par la manche. Son regard croisa les yeux noisette. Ménérys lui adressa un faible sourire de remerciement. Le jeune homme en fut troublé.

            Ménérys se tourna vers ses deux sœurs. Celles-ci étaient prêtes à retourner en ville où elles risquaient fort de mourir ou bien pires. Le garçon se traitait de lâche, mais il voulait au moins protéger ses deux idiotes si c’était faisable.

- Ne sois pas aussi méchante Clendory. Tu ne peux pas retourner dans cette ville.

- Ménérys ! Ne sois pas couard !

            Le garçon sourit tristement, la deuxième de ses sœurs à le traiter ainsi. Darkos s’approcha de la jeune fille et la toisa. Davey en fut surpris. Il pouvait lire la colère dans le regard de son ami. La jeune fille dut la ressentir, car elle baissa le regard la première.

- Un couard ? Au moins sais-tu ce que ce mot veut dire ? Ton frère a peut-être un corps frêle et fragile, mais il est loin d’être un lâche. Que veux-tu faire dans cette ville ? Retrouver ton père ? Tes sœurs ? Mais ne vois-tu pas qu’il est déjà trop tard pour cela ? Ou es-tu trop stupide ou trop imbu de toi-même pour t’en rendre compte ? 

- Je veux…

- Tu veux ? Tu risques de mettre la vie de ton autre sœur et celle de frère en grand danger. Crois-tu qu’ils te laisseront y aller toute seule ? Ne sois pas bête, jeune fille.

            Clendory se tourna vers son frère et se jeta dans ses bras. Elle se mit à pleurer. Ménérys la serra avec tendresse. Elle le suppliait de lui pardonner sa bêtise. Le garçon se mit à rire et avoua :

- Je te connais ma Clendory. Tu es une intrépide toujours à vouloir sauver les plus démunis. Je te pardonnerais toujours, tu le sais bien.

- Nous allons vous accompagner pendant un moment si vous voulez toujours de nous, finit par déclarer Menmory.

Par origine1975 - Publié dans : Requiem Pfefferberg - Communauté : Fiction Originale
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  • J'aime l'écriture, lire des mangas, des livres de science fantasy. J'adore mes chats,Yazoo et Haru.Je suis une gourmande de chocolat et surtout du nutella !!

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